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Culture de l’allaitement dans les pays Nordiques

Peu d’informations sont disponibles dans la littérature scientifique sur l’attitude des parents vis-à-vis de la préparation à l’allaitement avant la naissance. Par préparation, j’entends tout ce travail de projection dans sa future vie de parent « réflexions, recherche d’infos ». Or on sait, que le démarrage et la poursuite de l’allaitement sont fortement corrélés à l’idée qu’on a pu s’en faire avant de démarrer, c’est-à-dire dans cette période prénatale (j’en avais déjà parlé ICI).

Personnellement, et je sais que c’est le cas de nombreuses futures mamans primipares, lors de ma première grossesse, j’avais vaguement écouté les informations dispensées lors des cours de préparation à la naissance, et que ma première réflexion était « je verrai quand j’y serai ». Attitude que je regrette bien car en étant mieux informée, il est clair qu’on évite de se prendre la tête avec des croyances erronées (quelques exemples classiques « est-ce que je suis capable de nourrir mon enfant », « mon lait est-il assez riche ?  » « ce n’est pas normal que bébé veuille téter toutes les demi-heures »). En gros, l’allaitement se passe mieux parce qu’on se pose moins de questions. N’oublions pas que c’est un acte naturel qui nécessite un apprentissage (voir ICI).

Extrait de  http://www.thekoalabearwriter.com/2012/08/world-breastfeeding-week.html
Extrait de
http://www.thekoalabearwriter.com/2012/08/world-breastfeeding-week.html

Dans les pays nordiques, les taux d’allaitement sont élevés au démarrage et dans les premiers mois, un peu moins au bout de 6 mois (mais nettement plus que la plupart des autres pays) :
– en Finlande par exemple, 99 % des mères démarrent l’allaitement et à 6 mois, 60% des enfants reçoivent du lait maternel.
– en Suède,  l’allaitement à 6 mois est encore de 72%,

D’autres pays affichent aussi des taux d’allaitement élevés. En Hongrie, 96 % des mères démarrent l’allaitement, à 3 mois, 95 % des enfants reçoivent encore du lait maternel et 45% à 6 mois (chiffres OCDE 2005, source ICI)

Dans les pays, tels que l’Angleterre ou l’Australie, les chiffres s’effondrent au-delà du premiers mois :
– En Australie le taux d’allaitement initial est de 96% et chute à 9 % à 6 mois (source ICI)
– En Angleterre, le taux d’allaitement initial est voisin de 80 % et chute à moins de 1 % à 6 mois (chiffres OCDE 2005, source ICI)

Les mamans des pays nordiques sont-elles biologiquement conçues différemment ? Je ne crois pas. Le climat rapproche-t-il les individus ? C’est une piste à creuser… L’allaitement est-il plus facile là-bas ? Non, les mamans sont simplement plus soutenues (faits précis décrits un peu plus loin). L’OMS a montré que dans ces pays aux forts taux d’allaitement, seules 2 % des femmes ne parvenaient pas ou ne pouvaient pas démarrer leur allaitement (problème physique ou autre)

 Malgré quelques disparités géographiques, l’allaitement est bien ancré dans la culture et les mamans sont bien entourées. D’autres facteurs expliquent aussi les différences entre pays (facteurs socio-économiques comme le retour au travail de la mère ou des facteurs médicaux) mais la part culturelle est majeure.
Mais sur quels éléments particuliers s’appuie cette politique pro-allaitement ?

En Suède, la culture « allaitement » est le résultat de campagnes de mobilisation gouvernementales et non gouvernementales à l’échelle locale, nationale :
– la prise en charge de la maternité et des soins de santé de l’enfant pour toutes les mères se fait à 100%
– tous les accouchements se font en hôpitaux et les accouchements à domicile sont très rares (l’initiative Hôpitaux amis des Bébés a été lancée et mise en place en 1992 ce qui permis une meilleure formation du personnel soignant au sujet de l’allaitement)
– tous les pères ont droit à 10 jours de congés payés après la naissance,
– le congé parental (qui peut être partagé entre les deux parents) est de 18 mois (quasiment 100% du salaire maintenu) et de plus en plus de pères en utilisent une bonne partie,
– un groupe de soutien à l’allaitement (une ONG) a été mis en place en 1973 et joue un important rôle de conseil et soutien dans tout le pays
– le gouvernement favorise le maintien de normes élevées pour les soins infirmiers mère-enfant et la formation dans ce domaine est de haut niveau (source ICI)
– En Suède, tous les étudiants apprennent, au cours de l’enseignement secondaire,  en même temps que les notions de contraception, les bienfaits de l’allaitement.
– En Norvège, les publicités pour le lait artificiel sont interdites !

La façon d’introduire le lait artificiel, le regard sur les campagnes publicitaires agressives des industriels, l’intervention du gouvernement (par ex. retour au travail des mères), le soutien et les croyances populaires, la formation des jeunes : tout cela a conduit à la norme « allaitement » dans ces pays.

Voilà pour la culture, mais le niveau socio-économique est également une donnée importante. En suède, le niveau d’éducation de la population est globalement assez élevé et pratiquement tous les parents ont en moyenne 11 années d’éducation classique (ndlr : je ne sais pas par contre, comment ces 11 années sont comptabilisées, par rapport à notre système français). Le taux d’emploi est également assez élevé et plutôt homogène (Statistiska Centralbyrån 1997) source ICI. Ces facteurs jouent sur le choix de l’allaitement.

famille

Ainsi sont les composantes qui nous éclairent un peu sur les différences entre pays relatives aux politiques alimentaires du jeune enfant… Mais finalement, n’y aurait-il pas une différence entre plus générale et profonde, un indice encore plus fort qui pourrait expliquer les mentalités si contrastées ?

Différence culturelle profonde entre les pays de Nord et les autres

Un article paru ICI nous donne un excellent résumé de la situation via la présentation des travaux d’un chercheur hollandais, Geert Hofstede qui s’intéresse à l’organisation culturelle des sociétés. Ses recherches ont révélé que chaque société est structurée selon une culture soit masculine soit féminine. Les Etats-Unis sont de type « culture masculine » et la Norvège de « culture féminine ». Vous voulez savoir où se situent les autres pays comme la France ou la Grande-Bretagne ? POur cela il faut se pencher sur l’indice du genre (sur une échelle entre 1 et 100) calculé selon les réponses à des questions posées à la population, questions relatives à la façon dont sont perçues les grandes valeurs de la vie.

Plus l’indice est proche de 1, plus la culture est de type féminin. Plus il s’approche de 100, plus le masculin l’emporte !

Globalement cela signifie que dans une société plutôt féminine, hommes et femmes sont sur la même longueur d’onde d’un point de vue de la qualité de la vie : la famille sont l’affaire des deux parents par exemple. 

Dans une société plutôt masculine, plutôt tournée vers le soi, la priorité est donnée au succès professionnel, au salaire par rapport à la famille (la maman retourne travailler plus vite après la naissance)
Dans une société plutôt féminine, le groupe passe avant le soi.

Bref, Suède, Norvège et Danemark ont des scores respectifs de 5, 14 et 16 (très féminin)
France, Angleterre, USA ont des scores respectifs de 43, 66 et 62… (plutôt masculin)
Le Japon est en TOP-list avec un indice de 95 (très masculin)

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :  la différence est très marquée !

Et ces différences de genre dans la façon d’aborder la vie, se reflètent dans la perception de l’allaitement, son implantation et son vécu. Pourquoi ? Quelques raisons peuvent être évoquées
1- Dans les deux types de société, on communique différemment.
Côté masculin, la communication repose sur l’échange d’informations factuelles : le soutien à l’allaitement consiste essentiellement sur la présentation de faits (bénéfices de l’allaitement, fonctionnement…)
Côté féminin, les échanges généraux sont plus chargés de sentiments et permettent de bâtir des relations entre individus : le soutien à l’allaitement assortira les faits physiologiques, de réalités psychologiques, d’émotions, de ressentis… d’où l’essor d’associations de soutien, de systèmes d’entretiens téléphoniques, de groupes de partage… En Suède, tout cela est mis en place depuis fort longtemps. En France, fort heureusement,  ces groupes ou les aides de consultantes en lactation sont de plus en plus monnaie courante !

2- La place du père est également un facteur décisif.
Dans une société masculine, le père aura peu de temps pour soutenir son épouse dans ses choix d’allaitement. Il aura même plutôt tendance à passer le peu de temps dont il dispose à vouloir nourrir son bébé. Car là encore, par le biais du père c’est la culture qui parle car son implication dans le mode de nourrissage est telle que sa culture la lui a enseignée. 

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3- En prenant les choses dans leurs côtés extrêmes  (indice 1 et indice 100 ). Que voit-on ? Que l’acte d’allaitement implique une grande disponibilité des parents, une écoute mutuelle très forte des différents protagonistes voire une cohésion forte d’un cercle élargi (soutien entre femmes), bref un certain altruisme ! Dans une culture, fortement masculine où l’argent, le profit, la recherche de la performance sont les valeurs recherchées, y a t il la place pour cet altruisme ? Cela n’est pas impossible, mais des difficultés vont se présenter et c’est dans ces sociétés-là que des groupes de soutien et des campagnes d’information pourront être vraiment bénéfiques.

Que faire pour augmenter nos taux d’allaitement ?

S’inspirer du modèle suédois ? Nos systèmes de représentations culturelles sont à priori très différents. Mais cela ne veut pas dire que tout est perdu !

Le développement des labels pour les maternités (initiative des Hôpitaux Amis des Bébés *), les groupes de soutien (qui se développent de plus en plus et qui sont très actifs), le rôle clé des consultantes en lactation ainsi que les programmes éducatifs me semblent être la piste. Une étude Taiwanaise (Résumé ici) a montré  que les taux d’allaitement étaient meilleurs après la mise en place d’un programme éducatif sur l’allaitement aux futures mamans et également aux pères.

*  En France, fin 2012, 18 services sont labellisés “Amis des Bébés” : ils réalisent environ 23.700 accouchements par an, soit 2,87 % des naissances. C’est peu !

Voir l’analyse de la situation en France : l’obstacle culturel à l’allaitement ICI

En conclusion, futures mères de tous horizons, futurs pères qui êtes de plus en plus nombreux à vouloir vous investir auprès de vos petits, n’hésitez pas à vous renseigner, vous préparer en participant à des réunions d’informations, des groupes de paroles… bien au-delà des informations pratiques qui y sont présentées, on renoue avec des valeurs vraies, des relations humaines riches en émotions, une entre-aide précieuse qui ne laisse personne indifférent.

Merci pour vos partages !

Références utilisées

Breastfeeding attitudes of Finnish parents during pregnancy, BMC Pregnancy and Childbirth 2010, 10:79 doi:10.1186/1471-2393-10-79 (version en ligne ICI)

Geert Hofstede, Gert Jan Hofstede, and Michael Minkov, Cultures and Organizations: Software of the Mind (New York: McGraw-Hill Books, 2010), table 5.5.

http://www.thealphaparent.com/2013/05/our-masculine-culture-harms.html

http://archive.ispub.com/journal/the-internet-journal-of-nutrition-and-wellness/volume-2-number-1/a-cultural-perspective-of-the-feeding-habits.html#sthash.ZsCxVdcR.dpuf

http://outwardlooking.com/measuring-masculinity-femininity-as-a-dimension-of-culture/

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12 réflexions au sujet de « Culture de l’allaitement dans les pays Nordiques »

  1. Vous évoquez le Japon comme pays très masculin, qui ne devrait donc pas être très « soutenant » de l’allaitement d’après votre argumentaire mais il me semble pourtant qu’ils sont plutôt plus pro-allaitement qu’en France …
    Article bien intéressant cela dit !

    1. Ben je ne sais pas justement pour le Japon…
      Il y a un article récent portant sur plus de 1600 femmes (ICI : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23635371) qui dit que le Japon était (chiffres 2007) plutôt porté sur le lait en boite  » their overall knowledge and attitudes towards breastfeeding were neutral and more positive towards the use of infant formula »
      Par contre, depuis 2007 les choses ont pu évoluer positivement ? ce qui prouverait que même lorsque les choses ne sont pas gagnées d’avance…on peut les faire évoluer en mettant les moyens !

  2. Bonjour, très intéressant cet article ! En passant je partage mon point de vue d’animatrice de La Leche League vivant en Suède depuis bientôt 2 ans, et qui réalise que la situation est quand même loin d’être idyllique niveau allaitement.

    Tout d’abord, 80% des bébés (voire plus) ont une tétine. C’est quasi systématique et pose parfois des problème de fréquence des tétées et de gain de poids, bien que les mamans soient informées d’allaiter « à la demande ». Hé oui avec une tétine le bébé demande peu… Ça va de pair avec peu de portage et peu d’allaitement en public, probablement en partie à cause du climat (l’hiver, pas tellement envie de sortir un sein dans la rue par -15…).

    Démarrage de l’allaitement élevé, certes. Jusqu’à 6 mois, certes (et c’est déjà pas mal me direz-vous !), mais le lendemain des 6 mois ça dégringole et il y a très peu de mamans qui allaitent après 1 an (d’autant que ça coïncide avec la fin du congé maternité).

    Ils utilisent très peu de LA, mais proposent de diversifier dès 4 mois en cas de prise de poids jugée insuffisante, alors que dans la majorité des cas une adaptation de la conduite de l’allaitement permettrait de redresser la barre.

    Diversification assez précoce donc, très souvent aux petits pots, et surtout introduction dès 6 mois et parfois avant du « välling », mélange de lait de vache et de céréales. Si une maman refuse c’est le début d’un bras de fer avec le centre médical et sa belle mère…

    Malgré une formation à l’allaitement qui est bien supérieure à celle de la France, des énormités reviennent à mes oreilles… Des médecins ou infirmières des centres médicaux pour enfants qui trouvent normal qu’un bébé allaité puisse perdre du poids jusqu’à la fin du premier mois, par exemple ! Ou des mamans souffrant le martyr qu’on a laissé rentrer chez elle car il fallait que leurs seins se fassent à la succion du bébé…

    En parallèle, il y a d’excellentes initiatives comme le dépistage fréquent des freins de langue et la coupe immédiate si nécessaire, une relativement bonne information du personnel et donc des mamans, une incitation au sommeil partagé (mais pas au lit partagé, depuis les dernières recommandations OMS), des groupes de mères systématiques dans lesquels on est inscrites avec d’autres mères ayant le même terme, et la fameuse association amningshjälpen (aide à l’allaitement, mot à mot) qui offre des réunions et un soutien par mail et par téléphone. Et maintenant il y a La Leche League 🙂

    Je pensais et espérais que la Suède n’aurait pas besoin de LLL, mais j’ai malheureusement pas mal de contacts avec des mamans en difficulté.

    AmicaLLLement,

    Julia, LLL Stockholm

    1. Merci infiniment Julia pour toutes ces informations complémentaires. Je ne savais pas qu’on me lisait jusqu’en Suède (je n’en espérais pas tant, à cause de la barrière linguistique), c’est génial, ainsi on peut avoir des infos en direct life !
      Bon alors si je résume, la situation est quand même bien meilleure que chez nous ce qui nous donne quand même la voie à suivre (publicité lait artif interdite, détection des freins de langues, hôpitaux amis des bébés, sommeil partagé, assoc. soutiens…)
      MAis comme tu le soulignes, elle n’est pas encore idéale… les tétines, la diversification précoce petits pots.et lait de vache aux céréales. J’ai l’impression là encore que c’est la culture qui est derrière tout cela car aucune justification scientifique n’en est la base !
      Bref, l’allaitement en masse tel que recommandé par l’OMS (une grande majorité de la population qui suit ) n’existe pas ? Je pense que nos cerveaux humains « refléchissent trop et mal en prenant des raccourcis erronés » et se laissent peut être trop influencer ? ce sont des questions, pas de réponse carrée et rigoureuse bien sûr !
      Au plaisir ! et vive la LLL

      1. On m’a fait suivre ton post sur Facebook 😉

        Tu as bien résumé la situation en effet. Les suédois sont de GRANDS consommateurs de lait de vache, une étude a même montré récemment qu’ils ont une sorte de mutation génétique qui leur permet de le digérer, tandis que la plupart des humains n’ont pas les enzymes nécessaires ! Ils introduisent du coup les laitages et le lait très tôt chez les bébés.

        C’est très culturel oui. Dans l’absolu j’ai toujours l’impression, personnellement, qu’on se complique beaucoup la vie au lieu de faire ce que notre cœur et notre logique nous disent… mais c’est là aussi mon impression perso 😉

        Julia

  3. oui j’ai vu cela aussi pour l’enzyme. Il parait que les européens ont muté et pas les asiatiques, donc pas ou peu de lait ou produits laitiers chez eux !
    Oh oui ! qu’il faut suivre son coeur (enfin souvent !). Lorsque j’ai accouché de mon 1er BB : je pleurais comme une madeleine parce qu' »il tétait tout le temps et que je ne trouvais pas cela normal (je pensais que mon lait était pas nourrissant, classique !)…je me suis rappelée que j’avais élevé des cpchons d’inde et que les mamans avaient tout le temps les petits en train de téter sans arrêt aussi, et que tout le monde s’en portait bien ! Cette image m’avait bien remonté le moral et m’avait aidée à comprendre que mon enfant avait un comportement normal.

  4. Je pense que pour commencer ça serait pas mal que les sages femmes dispensent des cours de préparation à l’allaitement après les cours de préparation à la naissance pour toutes les futures mamans. Un seul cours sur l’allaitement pendant les cours de préparation à la naissance de suffit pas pour tout expliquer et surtout apporter aux mamans toutes les réponses à leurs questions.
    Personnelement, je pense que si j’avais été mieux breafer je n’aurais pas introduit le bib de lait artificiel assez tôt. Juste après l’accouchement on est épuisée et préoccupée par mille questions surtout quand c’est le premier enfant et on a vite recours à la solution de facilité si on connaît pas tout les bienfaits du L.M à court et à long terme.
    Donc un peu plus de pub sur le L.M aidera les futures mamans à reussir leur allaitement et convaincra peut être les indécises. ..

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