Bibliographie·Comment ça marche ?

Quand les préférences olfactives commencent au sein maternel

Pas trop le temps de rédiger en ce moment et pourtant quelques lectures intéressantes nécessiteraient qu’on en parle. Les synthèses sur ce que j’ai compris et retenu pour le cancer du sein sont prévues, mais seront publiées un peu de tard.


Je ne résiste pas à la tentation de vous parler du dernier numéro « L’essentiel : Cerveau et Psycho (numéro 19, Août-Octobre) », consacré à l’enfant avec pour titre « Grandir : Comment l’enfant se construit ».

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 Un des articles est consacré à la façon dont se forment les préférences olfactives. Cela me rappelle un ancien post (la bonne odeur d’une maman) lié à ce sujet … mais l’approche qui est faite dans Cerveau et Psycho, est un peu différente et va surtout plus loin dans le temps (que garde-t-on en mémoire de ces premiers mois ? ). Enfin, un point important et non des moindres, les auteurs (du Centre des sciences du goût et de l’alimentation de Dijon et de l’université de Caeb), présentent une partie de leurs propres travaux à ce sujet. Voici quelques extraits.

Comment ça commence ?
Dès la naissance, l’enfant préfère le lait maternel car il y a reconnaît ce qu’il a connu in-utero via le liquide amniotique.

Le lait maternel bénéficie d’un avantage « déjà senti » et est ainsi accepté plus facilement.

Sur la base de leurs propres travaux, les auteurs nous parlent aussi d’apprentissages olfactifs accrus lorsque l’enfant est allaité.

Ainsi, la tétée, par de nombreuses stimulations et gratifications qu’elle combine, est une situation optimale pour l’établissement rapide des préférences néonatales, notamment olfactives

Puis ils ajoutent

 une odeur acquise dans ce contexte particulièrement renforçant, devient attractive

Ainsi, non seulement, les bébés sont prédisposés à préférer le lait maternel (même s’ils sont nourris au lait artificiel) mais il semble que la mémorisation des odeurs soit facilitée s’ils y sont exposés.

Les interrogations demeurent quant aux mécanismes mis en jeu pour expliquer ces réactions (perception d’éléments odorants communs avec le lait maternel OU molécule spécifique du lait maternel qui facilite l’apprentissage ?)

Conséquences sur le développement de l’enfant
Les auteurs parlent d’abord du court terme.

 La mère produit passivement des passerelles sensorielles qui préparent le bébé à l’étape suivante de son développement.

Préférences alimentaires

Le goût et l’odorat étant intimement liés, la découverte de la nouveauté est facilitée dans un contexte d’allaitement maternel.

L’expérience olfactive retirée du lait maternel modulerait les préférences de l’enfant au moment du sevrage … les nouveaux nés nourris au sein sont plus prompts à accepter des aliments nouveaux

Tous les sens en éveil pour découvrir le monde

 Expériences à l’appui, menées au Centre des sciences du goût et de l’alimentation de Dijon, les auteurs ajoutent que l’odeur maternelle stimulent l’enfant et l’encouragent à mieux explorer son environnement avec ses autres sens.

Ainsi les odeurs associées aux stimulations des autres sens, deviennent des éléments importants du monde multi-sensoriel de l’enfant.

Impact sur sa vie future

Et si cet apprentissage olfactif jouait sur notre mémoire, notre ressenti à l’âge adulte ?

Les contextes olfactifs infantiles sont particulièrement résistants à l’oubli.

Toute la palette de notes olfactives à laquelle le nouveau-né a été soumis (des impressions chimiosensorielles) va marquer son cerveau (souvenir agréable) et orienter ses préférences sur le long terme.

 Quand des adultes âgés de 20 à 35 ans, sont interrogés sur les odeurs qui les ont le plus impressionnés au cours de leur vie, 38 % d’entre eux évoquent des souvenirs agréables de l’enfance, souvent liés à leur mère

Voilà qui renforce l’idée que les premiers mois de vie sont essentiels pour l’établissement d’un contexte rassurant propice au développement :  tous les sens s’y emploient et pour longtemps.

Référence :

B. Schaal, M. Delaunay-El Allam, K. Durand « Comment se forment les préférences olfactives », L’essentiel : Cerveau et Psycho, numéro 19, Août-Octobre

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